Le syndrome du côlon irritable : symptômes et traitements

COMPRENDRE ET SOIGNER LE SYNDROME DE L’INTESTIN IRRITABLE


Le syndrome du côlon irritable, également qualifié de syndrome de l’intestin irritable ou de colopathie fonctionnelle, désigne un trouble fonctionnel bénin, mais à l’origine d’un inconfort digestif parfois handicapant à vivre au quotidien. Il se manifeste par des troubles digestifs chroniques.

On estime que près de 8%1 de la population européenne serait concernée par ce dysfonctionnement, avec une large prédominance au sein de la population féminine1. Ce syndrome est souvent détecté chez les personnes entre la fin de l’adolescence et l’âge de 25 ans, mais peut aussi être observé chez les enfants et les personnes âgées.


Quels sont les symptômes du syndrome de l’intestin irritable ?


Ce trouble du fonctionnement intestinal se caractérise par différents signes cliniques parmi lesquels2 :


● Des douleurs abdominales : celles-ci se concentrent principalement au niveau des fosses iliaques droite et gauche, voire parfois de la zone ombilicale. Elles peuvent persister, de plusieurs heures à quelques jours, et sont généralement soulagées par l’évacuation de selles.
● Des troubles du transit intestinal : ils se manifestent en épisodes de constipation sévère, de diarrhée ou d’une alternance des deux.
● Des ballonnements intestinaux : ils sont la source d’un profond inconfort et peuvent être associés à des borborygmes (c’est-à-dire des gargouillis) relativement sonores.
● Une inflammation intestinale : cela cause une augmentation des gaz, ce qui peut se révéler gênant au quotidien.


Vous souffrez peut-être du syndrome de l’intestin irritable si ces symptômes apparaissent au moins une journée par mois sur une période de trois mois. En cas de doute, consultez et parlez-en à votre médecin traitant.


Quelles sont les causes du syndrome de l’intestin irritable ?


Les causes exactes du syndrome de l’intestin irritable ne sont pas formellement avérées. Néanmoins, certains facteurs de risque ont été clairement identifiés.

Le régime alimentaire en est l’un des principaux, même s’il n’est évidemment pas le seul. Ainsi, une alimentation riche en glucides et en matières grasses ainsi qu’une consommation excessive d’alcool peut aggraver les symptômes du syndrome du côlon irritable3.

Des facteurs psychologiques tels que le stress, l’anxiété ou le surmenage mais aussi l’avancée en âge peuvent également accroître les symptômes4.

Chez la plupart des patients atteints par ce trouble, on retrouve une hypersensibilité intestinale associée, le plus souvent, à des anomalies de la flore bactérienne et à certaines dysfonctions de la motricité intestinale5. L’hypersensibilité intestinale est souvent liée à un régime alimentaire trop riche en aliments pasteurisés ou industriels. Cela a pour conséquence de déséquilibrer la flore intestinale et peut provoquer des troubles digestifs, comme la constipation.


Quels sont les traitements médicamenteux contre le syndrome du côlon irritable ?


Il n’existe pas de traitement médicamenteux permettant de guérir définitivement le syndrome de l’intestin irritable6. Seuls les différents symptômes peuvent faire l’objet d’une prise en charge individuelle s’ils se manifestent sévèrement. Par exemple, un médecin peut vous prescrire :

● Des antispasmodiques qui vont agir sur les douleurs abdominales ;
● Des antidiarrhéiques contre la diarrhée ;
● Des laxatifs de lest, lubrifiants ou stimulants contre la constipation.

Si un médecin établit que la principale cause du syndrome de l’intestin irritable est le stress ou l’anxiété, il peut vous conseiller de vous rendre chez un psychologue ou bien vous prescrire des anti-dépresseurs à faible dose.

Comme il est difficile de déterminer la cause exacte du syndrome de l’intestin irritable, il est possible que votre médecin tente plusieurs traitements. Cependant, dans la majorité des cas, les médecins recommandent à leurs patients l’application de mesures hygiéno-diététiques en premier lieu.


Quelles sont les mesures hygiéno-diététiques qui participent au bien-être intestinal ?


L’alimentation constitue le principal levier d’action contre ce trouble fonctionnel. Certains produits sont ainsi à bannir de votre alimentation tandis que d’autres seront à privilégier. Plusieurs études concernant un régime pauvre en FODMAP (un certain type de glucides difficile à digérer) ont montré des avantages significatifs sur les symptômes du syndrome de l’intestin irritable7.

En cas de syndrome de l’intestin irritable (SII) associé à une constipation (SII-C), il sera préconisé d’augmenter progressivement l’apport en fibres prébiotiques8. Le choix du type de fibres est important car certaines fibres trop fermentescibles peuvent aggraver les symptômes. Il est préférable d’utiliser les fibres dont l’effet a été bien étudié comme la GGPH11. Celles-ci se retrouvent dans certains fruits, légumes et légumineuses. Les fibres insolubles peuvent être éliminées en faisant cuire vos aliments ou en enlevant la peau de vos fruits et légumes. Afin de prévenir toute carence nutritionnelle, une alimentation pauvre en Fodmap doit être encadrée par un professionnel de santé.

Une activité sportive régulière, à raison de 30 minutes 2 à 3 fois par semaine, ainsi que certaines mesures psychologiques comme la méditation ou le yoga peuvent aider à diminuer les symptômes de la colopathie fonctionnelle9. Vous pouvez aussi trouver sur internet des exercices de respiration abdominale pour vous relaxer. Comme pour les traitements médicamenteux, les recommandations hygiéno-diététiques varient en fonction des symptômes présentés et seul un professionnel de santé pourra vous conseiller.


Quelles solutions faciles pour soulager les symptômes du syndrome de l’intestin irritable ?


En parallèle d’un régime alimentaire adapté, il est impératif de veiller à une bonne hydratation corporelle. Pour cela, il faut boire suffisamment d’eau chaque jour, entre 1,3 et 1,5L d’eau par jour selon les recommandations médicales10. Évitez le plus possible de consommer des boissons irritantes telles que le café, l’alcool ou encore les sodas.




1. Société Nationale Française de Gastro-Entérologie, S. N. F. G. E. (2018). Syndrome de l’intestin irritable. Société savante médicale française d’hépato-gastroentérologie et d’oncologie digestive. https://www.snfge.org/content/syndrome-de-lintestin-irritable
2. Assurance Maladie. (2020, 31 janvier). Reconnaître le syndrome de l’intestin irritable. Ameli.fr. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/syndrome-intestin-irritable/reconnaitre-syndrome-intestin-irritable
3. Simrén M, Månsson A, Langkilde AM, Svedlund J, Abrahamsson H, Bengtsson U, Björnsson ES. Food-related gastrointestinal symptoms in the irritable bowel syndrome. Digestion. 2001;63(2):108-15.
4. World gastroenterology organisation. (2015, septembre). Syndrome de l’intestin irritable : Une approche globale. World Gastroenterology Organisation Global Guidelines. https://www.worldgastroenterology.org/UserFiles/file/guidelines/Irritable-bowel-syndrome-IBS-French-2015.pdf
5. Azpiroz F, Bouin M, Camilleri M, Mayer EA, Poitras P, Serra J, et al. Mechanisms of hypersensitivity in IBS and functional disorders. Neurogastroenterol Motil 2007;19(1 Suppl):62–88.
6. Assurance Maladie. (2020, 31 janvier). Syndrome de l'intestin irritable : la consultation médicale et le traitement. Ameli.fr. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/syndrome-intestin-irritable/consultation-medicale-traitement
7. Nanayakkara WS, Skidmore PM, O'Brien L, Wilkinson TJ, Gearry RB. Efficacy of the low FODMAP diet for treating irritable bowel syndrome: the evidence to date. Clin Exp Gastroenterol. 2016 Jun 17;9:131-42.
8. Sabaté, JM (2014). Liens entre alimentation et syndrome de l'intestin irritable avec constipation prédominante. Hépato-gastro & oncologie digestive , 21 (2), 27-33.
9. Schumann D, Anheyer D, Lauche R, Dobos G, Langhorst J, Cramer H. Effect of Yoga in the Therapy of Irritable Bowel Syndrome: A Systematic Review. Clin Gastroenterol Hepatol. 2016 Dec;14(12):1720-1731.
10. Jequier E., Constant F. « Pourquoi faut-il boire de l’eau ? Pour maintenir la balance hydrique. » Cahiers de nutrition et diététique. Septembre 2009 : 44, 190-197.


Découvrir nos autres conseils

Plus de conseils